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Section SNJ Rhône

[Le Progrès]

Fusion Internet – Lyon+ : pourquoi le SNJ est contre

CHSCT du 6 octobre 2014


Parmi les 17 sujets à l'ordre du jour du CHSCT de ce lundi 6 octobre, la direction avait notamment inscrit la consultation de cette instance sur la fusion des services Internet et Lyon +, dans le but de créer un nouveau « service des supports gratuits »: tout un programme... Au-delà des questions éditoriales que cela soulève, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a comme son nom l’indique exclusivement abordé les thèmes relatifs à son périmètre d’action, en particulier la santé au travail des salariés.

Alors que les autres élus du CHSCT ont choisi de refuser de voter, en raison du fait que les documents présentés à la consultation étaient erronés ou incomplets, le SNJ a voté contre ce projet en mettant en avant le fait qu’il instaure des fréquences de travail particulièrement perturbantes, en multipliant les horaires de prise de travail sur une amplitude très longue, de 6h30 à 23 heures.


La médecine du travail pas d’accord non plus

La médecine du travail a également souligné « l’irrégularité du temps de travail et le dysfonctionnement des rythmes biologiques (…) qui génèrent des conflits entre les exigences temporelles de travail et les activités ». Les exigences temporelles en question, la direction s’y accroche en répétant que ce n’est pas de sa faute si l’info en continu a des contraintes. Mais c’est bien la direction qui a décidé de fusionner deux services de six (Internet) plus quatre personnes (Lyon +), en le réduisant à huit journalistes devant faire face à encore plus de tâches...

Le projet prévoit de passer, dans un contexte de travail posté, à six horaires d’embauche différents, huit en comptant les week-ends. A cela s’ajouteraient les contraintes des permanences de week-end, ainsi que des organisations s’adaptant aux parutions de Lyon +, le tout proposant des conditions de rythmes de travail intenables et une flexibilité hypertendue.

Ce seul point suffisait à rendre impossible un avis favorable du CHSCT, mais on ne peut laisser de côté les autres: description floue des charges de travail, laissant volontairement la porte ouverte à des glissements de tâches; compression des plannings, dans le but d’optimiser à outrance la rentabilité, comme le démontre également une organisation du travail ultra-polyvalente et pluri-fonctionnelle, et ne laissant qu’une place fictive au reportage, le seul envisagé étant confié à un pigiste extérieur; sentiment de dévalorisation du travail et du service. Autant de facteurs de risques psychosociaux impossibles à valider.

Que va faire la direction de cet avis du CHSCT ? Il lui est déjà arrivé de passer outre, et malgré les alertes, il est donc possible qu’elle concrétise son projet. Les élus du CHSCT, et en particulier le SNJ, rappellent l’obligation de résultat de la direction en matière de santé au travail et seront très vigilants sur les conséquences inévitables d’une telle décision.
 

Rétropédalage toute

La direction a aussi la possibilité de modifier son projet ou de se ranger à l’avis du CHSCT. Reste à savoir si elle aura l’élégance d’assumer la responsabilité de l’infaisabilité de cette réorganisation qu’elle avait imaginée avec des moyens réduits. Et les deux oubliés de Lyon+ dans tout ça ? Ils savent depuis trois mois qu’un des deux irait renforcer l’agence de Givors, l’autre intégrant ce nouveau « service des supports gratuits ». Trois mois d’incertitude, merci pour ce moment. On le savait déjà mais ça se confirme. Dans cette entreprise, mieux vaut être chef que simple forçat de la rédaction, notamment au moment où se distribuent les lettres d’affectation…

Réorganisation à pas cher, la fusion d’Internet et Lyon + s’inscrit dans un projet global qui a déjà pas mal de plomb dans l’aile : la direction a renoncé à consulter le CHSCT sur la réforme du service quartiers et du SR (éditing low-cost), ainsi que sur celle du service Rhône. Dans le premier cas, il s’agit d’un rétropédalage toute : ce projet, qui consistait à faire croire que le service quartiers gagnait un poste alors qu’il en perdait en réalité un, s’est avéré tout simplement intenable. Quant au service Rhône, il s’agissait surtout de refaire, en l’élargissant, le chemin de table des chefs d’un service gargantuesque. Un mois après son activation, on ne compte déjà plus les confrères qui se sont perdus dans les méandres de ce labyrinthe.

La direction estime donc que cela ne regardait pas le CHSCT, ce qui évite de décrire une usine à gaz. La direction n’avait pas non plus inscrit à l’ordre du jour la réimplantation géographique dudit service, laquelle va débuter dans les jours à venir et prendre un mois. Elle débutera par les locaux de l’ancien service IG, et tournera en quatre phases successives sur l’ensemble de l’aile droite du second étage du bâtiment C.



LA PHRASE :

« Ils passeront d’une fonction à une autre, c’est très clair ». De Xavier Antoyé, rédacteur en chef, à propos des journalistes du futur service « Internet/Lyon+si affinités ». C’est bien le problème : d’une fonction à une autre, d’un horaire à un autre, d’une tâche technique à une autre, ce projet, c’est la polyvalence poussée à l’extrême.

 

Givors : les WC sont fermés de l’intérieur

Sinon, ce CHSCT au menu copieux comportait une autre consultation : celle du projet de déménagement de l’agence de Givors à Saint-Genis-Laval. Personne ne regrettera les anciens locaux, dont la fin de bail est prévue pour février. La direction tient beaucoup à une implantation sur Saint-Genis-Laval (à défaut sur Brignais). A quelques encablures seulement de Confluence…

Mais il n’est pas simple de trouver des locations répondant à tous les critères, encore plus en centre-ville. Les locaux dénichés ont le défaut de ne pas s’y trouver, et également celui de ne pas disposer de toilettes privatives. Pas possible de faire mieux que cette location avec des WC sur le palier du 1er étage… La consultation a de toute façon été reportée à la date de visite des locaux par le CHSCT.

 

Elu SNJ au CHSCT : Philippe Perroud
Représentante du SNJ au CHSCT : Sandrine Rancy

 

Lyon, le 06 Octobre 2014

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