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Communiqués des sections
Section SNJ Provence

[La Provence]

Time's up !


Nous sommes journalistes et nous sommes, aussi, des femmes. Nous avons lu avec attention le texte publié par nos consoeurs du Parisien et de L'Obs : 77 et 62 femmes journalistes y dénoncent les inégalités de salaires et d'avancement au sein de leurs rédactions respectives.

Au Parisien, il n'y a aucune femme à la direction de la rédaction (sur cinq postes) ; à L'Obs, idem : pas de femme directrice, une rédaction en chef composée de six personnes, dont seulement deux femmes. Et à La Provence ? A La Provence, c'est pareil... sauf que c'est pire.

Il n'y a aucune femme à la direction, aucune femme à un poste de rédactrice en chef. Les plus gros salaires du journal sont donc, à 100% masculins. Ils viennent d'ailleurs, pour nombre d'entre eux, d'être revalorisés. Ces inégalités de traitement basées sur le genre perdurent partout : avez-vous noté qu'il n'y a pas non plus de femme directrice départementale et une seule "cheffe de service" au siège (culture et magazines) dans notre journal ?

De même, la plupart des agences sont dirigées par des hommes. Que l'on retrouve encore à la tête des services les plus en vue du journal : ils sont ainsi chefs de la politique, de l'économie, de la justice et des faits-divers, du sport, du web, etc. Si des femmes peuvent travailler sur ces sujets, ces rubriques, c'est toujours à un "grade" inférieur à celui des hommes.  Elles ont 28, 35, 43 ou 50 ans, elles démontrent chaque jour leur engagement, leur compétence, leur expertise et leur sérieux. Est-il encore besoin de le préciser ? Pourtant, elles n'accèdent pas aux carrières (et aux salaires) de leurs confrères. Des postes auxquels, d'ailleurs, elles ne peuvent pas même postuler, vu qu'il n'y a jamais d'appel à candidatures...

Au-delà de l'injustice qui nous est faite, quel exemple d'égalité et de progrès donnons-nous à nos lectrices, à nos lecteurs ? A la société à laquelle nous nous adressons chaque jour dans nos colonnes ? La pluralité des regards n'est-elle pas un atout pour un journal qui bataille pour sa survie ? Le monde est en train de changer. Nous, les femmes, revendiquons notre droit à être enfin considérées à l'égal des hommes ! Cela commence au travail et au sein de journaux qui entendent raconter ce monde en mouvement.

Nous invitons bien évidemment nos confrères à s'associer à notre démarche. Nous savons qu'ils sont nombreux à nous soutenir. Ils peuvent le faire en renvoyant ce texte signé.

Ce texte a été soumis aujourd'hui aux 65 femmes de la rédaction. 60 l'ont signé.
Sophie Manelli, Nadia Tighidet, Stéphanie Durand, Laure Gareta, Aurélie Féris, Audrey Savournin, Rislène Achour, Agathe Westendorp, Mélanie Ferhallad, Mélodie Testi, Annabelle Kempff, Guénola Gabellec, Virginie Mesisca, Marie-Eve Barbier, Aurélie Biaggini, Christine Lucas, Delphine Tanguy, Laetitia Sariroglou, Virginie Batailler, Nicole Breysse, Christine Blanc, Laurence Mildonian, Alexandra Ducamp, Audrey Cintas, Caroline Richard, Carole Barletta, Sabrina Testa, Audrey Letellier, Sylvie Arnaud, Isabelle Libérato, Florence Cottin, Laetitia Gentili, Sandra Basso, Corinne Matias, Alexandra Thézan, Séverine Pardini, Nelly Combe-Bouchet, Olga Bibiloni, Frédérique Gros, Catherine Inacio
, Geneviève Van Lede, Marie-France Bayetti, Emmanuelle Fabre, Julie Zaoui, Chantal Mallaure, Emmanuelle Elbaz, Nathalie Varin, Valérie Vrel. De nombreuses consoeurs en CDD ont signé ce texte mais nous avons choisi de ne pas publier leurs noms.

Avec le soutien du SNJ, syndicat majoritaire de la rédaction.

 

 

Marseille, le 16 Janvier 2018

Thèmes : Discrimination

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