Afghanistan : cinq ans après, l'étau se resserre. Garantissons la sécurité de nos consœurs et confrères !

Afghanistan : cinq ans après, l'étau se resserre. Garantissons la sécurité de nos consœurs et confrères !

Tandis que le 15 août 2026 marquera le cinquième anniversaire de la prise de Kaboul par les Talibans, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) constate et déplore la dégradation catastrophique des droits des femmes afghanes, pour qui être journaliste, artiste, militante, défenseure des droits, est une double peine. 
Privées d’éducation après l’école primaire, écartées du travail, du droit de voyager sans tuteur masculin, de chanter, danser, pratiquer un sport, ou de se promener librement dans un parc, privées même de leur visibilité, leur nom d’autrice s’efface désormais des livres qui sont retirés, alors que se construit, pierre après pierre, un projet politique qui retire tout droit à 20 millions de femmes afghanes. 

Depuis 2024, la pression s’est encore accrue au nom de la « loi sur la promotion de la moralité et prévention du vice ». Plus de la moitié des médias afghans ont été fermés de 2021 à 2025*, musique et débats politiques sont interdits sur les ondes, la diffusion d’images d’êtres vivants est proscrite dans une vingtaine de provinces. Partout, la censure est omniprésente.

Le droit à l’asile de ces femmes discriminées par leur simple genre a été reconnu en France par la Cour nationale du droit d’asile, le 11 juillet 2024, puis par la Cour de Justice de l’Union européenne, le 4 octobre 2024. Pourtant, nos consœurs afghanes, exilées en Iran, au Pakistan ou en Turquie, souvent sans ressources, parfois seules, divorcées, sont nombreuses désormais à se voir refuser l'asile en France. Des confrères, dont le visa français a été refusé, ont été expulsés de pays tiers vers l’Afghanistan où ils se terrent désormais, dans l’espoir d’une issue et d’une protection.
En Iran, dans un contexte ô combien délicat, les rendez-vous dans les ambassades ont été annulés. Au Pakistan, où ils sont menacés d’expulsion, les journalistes afghans sont pris dans un étau, alors que la liste des refus de visas français s’allonge.

Les militantes et militants du SNJ sont engagés depuis cinq ans, sans relâche, auprès des journalistes afghans. Depuis la fin de l’année 2021, et en dépit d’attentes parfois longues, 250 journalistes afghans figurant sur la liste du SNJ (ainsi que leur famille) ont pu trouver refuge en France et être souvent accompagnés à leur arrivée (accueil, hébergement temporaire...). Le SNJ a organisé des collectes de fonds pour leur venir en aide. Le syndicat et ses avocat.e.s sont également à leurs côtés en justice, notamment pour les démarches de recours devant le Tribunal administratif.

Le SNJ attend de la France, qui a su faire preuve d’humanité en 2021, qu’elle continue, aujourd’hui plus que jamais, à accorder visas et protection à nos consœurs et confrères menacés. 
« De nombreux Afghans, défenseurs des droits, artistes, journalistes, militants, sont aujourd’hui menacés en raison de leur engagement. Nous les aiderons parce que c’est l’honneur de la France d’être aux côtés de celles et ceux qui partagent nos valeurs », déclarait le Président de la République, Emmanuel Macron, le 16 août 2021. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. Accueillons nos consœurs et confrères afghans, maintenant !

Cinq ans après le retour au pouvoir des Talibans, alors que les droits humains sont enterrés chaque jour, rien, résolument rien, ne justifierait de céder à la tentation de l’oubli. Tandis que la pression sur les journalistes, les artistes, les militants s’accroît, que les femmes et les minorités religieuses et sexuelles suffoquent, répondons par notre solidarité. Donnons leur, aujourd’hui, comme en 2021, des visas ! 

* : source Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) 

Paris
Jeudi 13 août 2026
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