Injures racistes et diffamation à l’égard d’un journaliste de Ouest-France : la Cour de cassation annule la relaxe des trois militants d’extrême droite
La Cour de cassation vient de casser la relaxe d'un militant d'extrême droite et de deux responsables du site d'extrême droite Breizh-Info. Ils avaient tous les trois fait l'objet d'une plainte d'un journaliste du quotidien Ouest-France et de son employeur pour diffamation et injure raciste.
L’affaire est renvoyée devant la cour d’appel de Rennes qui devra se prononcer une nouvelle fois. « Tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision », précise la Cour. Ce qui manquait dans l’arrêt de relaxe de la cour d’appel.
En 2021, le journaliste d’Ouest-France, à l’époque rattaché à l'agence d'Angers, était chargé de suivre les agissements de groupes d'extrême droite. Il avait été pris pour cible à l’occasion d’une interview dans Breizh-Info de Jean-Eudes Gannat, fondateur du groupuscule identitaire angevin l'Alvarium.
Yann Vallerie, fondateur du média d’extrême droite Breizh-Info, Philippe Le Grand, directeur de publication du site et Jean-Eudes Gannat, ancien porte-parole de l’Alvarium, groupuscule d’extrême droite aujourd’hui dissous, étaient poursuivis pour avoir utilisé des mots inacceptables envers notre confrère en visant son origine guadeloupéenne et en le renvoyant à des pratiques primitives.
En décembre 2023, ils avaient été tous les trois condamnés en première instance pour diffamation et injure à caractère raciste. Ils avaient ensuite, contre toute attente, été relaxés en appel à Rennes, le 4 septembre 2024.
La Cour de cassation annule la décision de la cour d’appel de Rennes qui considérait que les termes employés à l’égard du journaliste d’Ouest-France (désigné entre autres comme « plumitif guadeloupéen » jetant « des sagaies ») ne constituaient pas une injure caractérisée.
La Cour de cassation estime que les juges auraient dû « apprécier le sens et la portée » des propos poursuivis en vérifiant si les termes visant le journaliste étaient directement imputables à son origine supposée, tout en analysant le contexte de polémique politique dans lequel ils s’inscrivaient.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, se félicite de cette décision. C'est une première victoire pour la liberté d'informer. Nous attendons désormais la condamnation de ces trois militants d’extrême droite pour diffamation et injure à caractère raciste.
Dénigrer publiquement un journaliste, l'injurier en ciblant ses origines, l'attaquer dans l'exercice de son métier sont des faits graves et inadmissibles, qui portent atteinte à la liberté d'informer.
Le SNJ se tient aux côtés de tous les confrères et consœurs victimes de racisme, d'homophobie, de sexisme ou de toute autre discrimination.

