LIBERTE DE LA PRESSE

Journalistes de Splann ! refoulés : la liberté d'informer attaquée par le conseil départemental du Finistère

Journalistes de Splann ! refoulés : la liberté d'informer attaquée par le conseil départemental du Finistère

Deux journalistes de « Splann ! », média indépendant d’enquête en Bretagne, ont été empêchés de couvrir la soirée organisée par le président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, devant 200 chefs d’entreprise. Il présentait sa politique en matière de revenu de solidarité active (RSA), qui fait régulièrement l’objet de débats. Les faits se sont produits mercredi 3 décembre, à Quimper.

Au moins deux journalistes de la presse quotidienne régionale (Ouest-France et Le Télégramme) étaient bien présents dans la salle. Le soir même, ils ont publié leurs articles relatant cette présentation par Maël de Calan, illustrés par leurs photos prises au cours de la soirée. 

Les deux journalistes de Splann !, Kristen Falc’hon et Chloé Richard, ont cependant été interdits d’entrée, au prétexte qu’il s’agissait d’un événement privé, non ouvert à la presse. Or, il y avait une feuille d’émargement « presse » à l’entrée de la salle. Interpellé à ce sujet, le président du conseil départemental indique que les rédactions locales y avaient été conviées « en tant qu’entreprises finistériennes ». Défense de rire. 

Kristen Falc’hon était en train de filmer la manifestation organisée par la CGT, à l’extérieur du bâtiment où se tenait la réunion. Manifestation dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène. Le journaliste a été bousculé par un vigile ayant retiré le matricule qu’il portait en début de soirée. Ce dernier a ensuite ébloui notre confrère avec sa lampe torche et tenté de saisir sa caméra. Une vidéo de cette séquence brutale en atteste. Cela n’a pas empêché Maël de Calan d’indiquer après ces événements que « les comportements que vous évoquez ne correspondent à aucune consigne communiquée et le Département n’est, en l’état, pas en mesure de confirmer la réalité des faits ».

Quant à Chloé Richard, elle a entendu son nom en s’approchant du barrage constitué de policiers et de vigiles, et s’est vue interdire l’accès. Serait-ce parce qu’elle a signé, pour Splann !, le 25 octobre 2025, un article démontrant comment des agriculteurs finistériens en situation de précarité subissent des contrôles RSA renforcés ? Une « fabrique de la pauvreté », dénonce son article.

Depuis quand a-t-on le droit de trier ainsi les journalistes ? D’en accepter certains et d’en refuser d’autres ? 

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, condamne cette atteinte à la liberté de la presse organisée par une collectivité. 

Autoriser l'accès à un événement à certains journalistes et pas à d'autres n'a pas sa place dans une démocratie. Le SNJ demande au conseil départemental du Finistère de mettre un terme à ces pratiques et s'élèvera toujours contre toute menace, intimidation, agression verbale voire physique à l’égard des journalistes dont la mission est d’informer les citoyens.

 

 

 

Paris
Dimanche 7 décembre 2025
Accès pour tous