Comité national des 30 et 31 janvier

MOTION - Le SNJ toujours engagé aux côtés des salariés des éditions Croque Futur

MOTION - Le SNJ toujours engagé aux côtés des salariés des éditions Croque Futur

Réuni en comité national les 30 et 31 janvier, le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, réaffirme son engagement aux côtés des élus et salariés des éditions Croque Futur, dont le milliardaire Bernard Arnault vient de prendre le contrôle. 

Croque Futur, qui édite plusieurs magazines (Challenges, La Recherche, Sciences et Avenir) est depuis le 30 décembre 2025 la propriété de la société Ufipar, filiale "médias" de LVMH. 
Avec cette acquisition, Bernard Arnault, déjà actionnaire majoritaire de nombreux titres de presse (Le Parisien, Les Echos, L'Opinion, Paris-Match, Investir, l'Agefi...) étend encore son empire médiatique. Il contrôle aujourd'hui l'essentiel de la presse économique en France. 

Dans les semaines qui ont précédé ce rachat, les représentants du personnel de Croque Futur ont tenté, sans succès, d'obtenir des garanties éditoriales et sociales pour l'avenir de leurs titres. Les émissaires de Bernard Arnault n'ont jamais caché leur désir de réorienter la ligne éditoriale de Challenges, mais aussi de se débarrasser de la charte d'indépendance de la rédaction.  

A la demande des salariés concernés, le SNJ, associé au SNJ-CGT, à la CFDT-Journalistes et à Reporters Sans Frontières, a saisi simultanément le tribunal administratif de Paris et l'Autorité de la concurrence, mi-décembre. 
L’objectif ? Demander à l'État de mettre en œuvre le contrôle de cette concentration sur le plan du pluralisme et de l'indépendance éditoriale et dénoncer un abus de position dominante de LVMH sur le marché de la presse économique et financière.

Si la cession des éditions Croque Futur est désormais effective, le SNJ reste engagé dans ces deux procédures et se tient toujours aux côtés des équipes de Challenges, La Recherche et Sciences et Avenir. 
Au-delà des actions juridiques en cours, le SNJ rappelle la nécessité de légiférer sur deux mesures urgentes en faveur du pluralisme et de la liberté d'informer, deux principes consacrés par la Constitution française en son article 34. Nous exigeons le renforcement des textes encadrant la concentration des médias et la lutte contre les conglomérats de presse.
Nous préconisons également la mise en place par la loi de l'indépendance juridique de l'équipe rédactionnelle, rempart contre l'ingérence potentielle des patrons de presse. 
 

Paris
Samedi 31 janvier 2026
Accès pour tous