Nouvelle grille salariale, nouvelles fonctions dans la PHR : attention aux modalités d’application

Nouvelle grille salariale, nouvelles fonctions dans la PHR : attention aux modalités d’application

Un accord sur les salaires minima et les classifications des journalistes de la presse hebdomadaire régionale (PHR) est entré en application le 1er février 2026. Il résulte de la révision, en principe quinquennale, des définitions de fonction. Cet accord, que le SNJ a signé, et qui est consultable ici, comporte des avancées. Le milieu de grille – dont la fonction majoritaire dans les entreprises de PHR, journaliste polyvalent-e 2e échelon – est revalorisé assez substantiellement.

L’accord rend aussi possible une évolution hors hiérarchie, quand dans l’ancienne grille, l’échelon 441 représentait un plafond pour un grand nombre de journalistes. En revanche,  et c'est le défaut majeur de cet accord, le salaire minimum professionnel garanti (SMPG) de la branche, qui valait 105 % du Smic depuis l’accord sur la RTT (1999), disparaît. 105 % du Smic, c’était encore trop pour le patronat de la PHR.

La fin du SMPG était malheureusement la condition – exorbitante – que le patronat avait mise pour accepter de négocier de nouvelles classifications et une grille moins écrasée. Quatre échelons de l’ancienne grille étaient rattrapés par le salaire minimum. L’introduction de fonctions rédacteur-trice en chef 1er niveau et rédacteur-trice en chef adjoint-e 1er niveau, que rien ne justifie dans la réalité de la branche, est un autre point problématique. Pour ces deux fonctions, le nouveau salaire conventionnel est inférieur à celui de l’ancienne grille. Le SNJ recommande aux journalistes concernés de revendiquer systématiquement le 2e niveau, s'il ne leur est pas attribué d’emblée. Car l’application de la grille doit donner lieu à un échange avec les directions : si un-e journaliste se voit attribuer une classification qui ne correspond pas à ses tâches réelles, il/elle dispose d’un recours : l’accord le prévoit.
La prime de tirage, pour les journalistes employés par des hebdos tirant à plus de 20 000 exemplaires, est supprimée. Cette suppression n’entraîne évidemment pas de baisse de rémunération pour les journalistes qui la percevaient, elle est intégrée au salaire.

Pour mettre à niveau le salaire conventionnel quand il augmente du fait de l’application de la nouvelle grille (c’est le cas pour la plupart des fonctions), les entreprises peuvent puiser dans le complément personnel (ou sursalaire) des journalistes, quand il existe. L’application de cet accord peut donc n’avoir aucun effet sur le salaire réel, sauf sur la prime d’ancienneté, calculée sur le salaire conventionnel. En revanche le principe d’une application sur le salaire réel des revalorisations de branche négociées annuellement, inscrit au pied de la grille conventionnelle, demeure.

Alors que la date d’application de l’accord est le 1er février 2026, des éditeurs ont cru pouvoir supprimer le SMPG dès le mois de janvier. Le Smic ayant augmenté de 1,18 % le 1er jour de l’année, ces éditeurs ont privé ainsi plus de la moitié des journalistes du secteur (de l'échelon à l'échelon 413 à l'échelon 441) d’une revalorisation de leur salaire conventionnel de de 1,18 %.
Le SNJ recommande aux confrères et consœurs de vérifier leur fiche de paie du mois de janvier. Il les invite à lui signaler toute difficulté rencontrée dans les entreprises de PHR à l’occasion de l’application de la nouvelle grille.

Paris
Lundi 9 février 2026
Accès pour tous