Pas d’impunité pour les assassins d’Antoni Lallican
Le 3 octobre 2025, le journaliste Antoni Lallican effectuait un reportage dans l'est de l'Ukraine, à une vingtaine de kilomètres de la zone de front, quand il a été tué par une attaque de drone explosif russe. Notre confrère travaillait régulièrement dans la région depuis 2022. Il était accompagné par un journaliste ukrainien, Heorgiy Ivanchenko, qui a été très grièvement blessé dans la même attaque. Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, a condamné cet acte ignoble dès le 3 octobre et appelé à l'ouverture d'une enquête internationale.
Deux mois plus tard, le SNJ exige que les responsables de ce crime de guerre soient traduits en justice. Dans une tribune récemment publiée par Le Monde, Aïda Belloulid, la compagne d'Antoni Lallican, interpellait les autorités françaises en rappelant que "les crimes de la Russie ne peuvent rester impunis et appellent une réponse forte de l’Etat français".
Le SNJ salue le courage et la détermination de la famille et des proches de notre confrère, et leur apporte tout son soutien. Il est indispensable que la France s’engage résolument pour que justice soit faite, et qu’elle lutte contre l’impunité des régimes et organisations qui assassinent les journalistes.
Le SNJ :
- appelle le ministère de la Justice à faciliter au maximum la coopération internationale entre la France et l'Ukraine, dans le cadre de l'enquête ouverte le 5 octobre par le Parquet national antiterroriste (PNAT) ;
- exhorte la France à s'engager fortement contre l'impunité de ceux, en Russie comme ailleurs, qui s'attaquent aux reporters en signant la convention sur la sécurité et l'indépendance des journalistes rédigée par la Fédération Internationale des Journalistes ;
- se tient à la disposition du PNAT pour toute aide qu'il pourrait apporter à l'enquête, et envisage de se constituer partie civile si une information judiciaire est ouverte.
Accompagné par Me Inès Davau et Me Louise El Yafi, avocates pénalistes au barreau de Paris, le SNJ a écrit dès le mois d’octobre au PNAT pour rappeler "la profonde préoccupation de la profession face à la multiplication des atteintes visant les journalistes dans les zones de conflit et à l’impunité persistante qui entoure trop souvent ces crimes".
Le SNJ rend une nouvelle fois hommage à l'engagement d'Antoni Lallican et de celles et ceux nous informent sur les conflits à travers le monde.
La lutte contre l'impunité des assassinats de journalistes est un combat pour la justice, pour la liberté de la presse, et pour la liberté d'être informé.

