Plainte en diffamation de Thalès : le SNJ soutient le média Disclose et ses journalistes
Thalès poursuit la rédaction de Disclose en diffamation. La multinationale française s’en prend aux révélations du média en ligne sur la livraison secrète de matériel de guerre (notamment des drones) à Israël, en juin 2024. L'armée israélienne intensifiait alors ses attaques sur Gaza, où elle est soupçonnée de nombreux crimes de guerre.
Les journalistes Ariane Lavrilleux et Mathias Destal, auteurs de l’enquête, et Magali Serre, directrice de la publication, vont être mis en examen par un juge d’instruction. Dans un communiqué, Disclose estime qu’il s’agit « d’une procédure-bâillon ».
Pour le Syndicat National des Journalistes (SNJ), il ne fait aucun doute que cette plainte en diffamation (dont la notification est parvenue très tardivement à Disclose) est destinée à épuiser et intimider une rédaction dont le travail, d'intérêt public, met en lumière certaines activités de Thalès.
Le SNJ apporte son soutien à Disclose et à ses journalistes.
Ce n’est pas la première fois que le média en ligne est l’objet d’attaques répétées. En septembre 2023, la journaliste Ariane Lavrilleux avait subi une perquisition à son domicile à Marseille, avant d'être placée en garde à vue. La direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui cherchait à identifier les sources d'une de ses enquêtes publiées par Disclose, l'avait également placée sous surveillance. La journaliste avait révélé, en 2021, le dévoiement d’une opération de renseignement française au profit de l’Egypte. Elle a, depuis, obtenu un non-lieu devant les tribunaux, mais le parquet général de la cour d’appel de Paris a fait appel de ce jugement.

