Plateforme d’orientation

Adoptée par le 76e congrès (Lyon)

Plateforme d’orientation


NOTRE SYNDICALISME - Le syndicalisme a une double fonction, la défense des revendications des salariés et la transformation sociale, c'est-à-dire l'émancipation de l'homme et de la femme pour qu'ils puissent penser et agir sur leur environnement professionnel et être acteurs de leur vie.

Le syndicalisme agit pour réduire les inégalités économiques et sociales, et pour permettre l'élévation du niveau de vie du plus grand nombre et prioritairement des plus démunis. Le syndicalisme lutte pour l'amélioration des acquis sociaux.

C'est à partir de la défense des travailleurs et l'affirmation de leur citoyenneté dans l'entreprise, sur le lieu de travail et dans le monde du travail que le syndicalisme contribue à l'avènement d'une société plus juste donc plus humaine et plus démocratique. Cette société doit permettre à chacune et à chacun, quelle que soit son origine, de grandir, de vieillir, et de mourir dans la dignité.

Le respect de l'intégrité physique, mentale et morale de chaque être humain est une valeur fondamentale du syndicalisme, à ce titre il participe de la tradition humaniste.

Un état de droit démocratique, pluraliste et laïque est par ailleurs indispensable au plein exercice du droit syndical.

Le souci de solidarité, de justice sociale et de tolérance, manifestée par le rejet de toute forme de discrimination, raciale, sexuelle, philosophique ou religieuse, ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise. Au premier rang de nos combats figurent le droit à l'emploi, une meilleure répartition des richesses et des revenus, la défense du service public, l'obtention d'un salaire suffisant garantissant a toutes et tous une vie décente, le droit à l'éducation et à la formation, à la santé, au logement...

L’Europe qu'il faut construire ne doit pas être celle des nantis au détriment des travailleurs, des peuples du tiers monde ou de ceux de l'Est de l'Europe. La démocratie politique doit permettre aux citoyens d'agir effectivement sur leur destinée commune ; le "marché" ne peut être le seul régulateur des rapports sociaux et humains. Au contraire, il faut promouvoir partout des rapports de coopération dans les relations économiques, en lieu et place de la concurrence exacerbée générée par le libéralisme. L'Europe doit être un élément de solidarité entre tous les peuples qui y vivent ; elle doit favoriser le progrès social à l'interieur de ses frontières et dans ses rapports plus particuliers avec les pays du tiers monde. Le syndicalisme doit être présent à tons ces niveaux pour impulser la coopération entre les peuples. Parmi nos combats figurent aussi la promotion de l'aide aux pays les plus pauvres, de la lutte contre la famine, d'une politique de la santé et de l'éducation, et d'échanges équitables afin de garantir l'émancipation et le développement des pays du tiers monde. L'action syndicale doit donc dépasser les frontières et faire émerger un puissant mouvement syndical mondial face a la mondialisation croissante des enjeux et des pouvoirs économiques.

Le Syndicat national des journalistes doit des comptes prioritairement à ses membres et plus généralement aux travailleurs qu'il a vocation à défendre. II doit donc garantir son indépendance vis-à-vis, d'une part, des partis politiques, du gouvernement, du patronat, de la hiérarchie et du monde économique, d'autre part, de tout dogme politique, confessionnel ou philosophique. Pour garantir son indépendance, le syndicat doit gérer ses moyens en toute autonomie.

Une structure démocratique est le meilleur garant de l'independance des organisations syndicales. Elle doit permettre l'expression de sensibilités, d'aspirations et de revendications diverses éventuellement différentes dans un esprit de tolérance et d'unité. Le syndicat doit assurer le fonctionnement démocratique de ses structures afin que ses prises de décisions répondent le plus fidèlement possible aux aspirations, intérêts et revendications matériels et moraux des travailleurs eux-mêmes.


NOTRE JOURNALISME. Le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est une liberté fondamentale de tout être humain et les journalistes sont les garants du droit d'accès des citoyens à l'information, droit indispensable au fonctionnement démocratique des institutions. Aussi, le maintien et le développement d'une démocratie véritable exigent-ils l'existence d'un journalisme libre, indépendant, pluraliste et responsable. Le droit à l'information devrait être reconnu légalement, en tant que droit collectif complétant la liberté d'expression inscrite dans la Constitution 1.

Au même titre que les oeuvres culturelles, l'information n'est pas un produit comme un autre, commercialisable en fonction des seuls critères marchands. Du droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des droits et des devoirs des journalistes. La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre de leurs responsabilités, en particulier a l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics 2. Le journaliste doit exercer sa profession à l'abri de toute pression, notamment politique ou économique.

Pour maintenir et améliorer la qualité de l'information, le journaliste doit bénéficier d'une situation stable, de revenus et de moyens suffisants, de conditions de travail satisfaisantes, et de temps pour accroître et diversifier son bagage culturel et humain.


  1. 67e Congrès, 1987.
  2. Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, Munich, 1971.

SOMMAIRE

 

Vendredi 1 novembre 1996
Accès pour tous