Presse quotidienne régionale : les salaires ne doivent pas rester à l’arrêt
Le saviez-vous ? Conséquence de la dernière augmentation du SMIC il y a près d’un an (+2% le 1er novembre 2024), combinée à l’échec de la dernière NAO de branche, le salaire minimal d'embauche prévu dans la grille de la presse quotidienne régionale (PQR) s’affiche actuellement à 1747,20 € brut soit une cinquantaine d’euros de moins que le SMIC mensuel brut fixé à 1801,67 €.
Alors certes, les employeurs ne payent pas en dessous du SMIC dans les entreprises puisqu'ils n'en n'ont pas le droit, mais le concept de branche sous-smicardisée ne semble pas déranger plus que ça les patrons de la PQR, qui avaient oublié de convoquer la salariale de branche en 2025. Un oubli réparé tardivement, puisqu’une date de paritaire a finalement été fixée au 3 octobre.
Quelques mois après le fiasco de la discussion sur la création d’un barème minimal de piges, pliée au bout de deux réunions et demie, le SNJ attendra autre chose de la délégation patronale qu’un simulacre et des faux semblants, alors que les NAO n’ont quasiment rien donné dans les entreprises de PQR cette année, hormis quelques primes défiscalisées.
Chiffres d’affaires publicitaires en berne, chute des ventes papiers, recettes liées aux abonnements numériques décevantes, bien que les audiences gratuites n’aient jamais été aussi hautes… Les résultats économiques de la PQR sont certes en retrait, mais ce n’est pas aux salariés, dont le pouvoir d’achat a fondu ces dernières années au rythme de l’inflation (+5,2% en 2022, +4,9% en 2023, +2% en 2024 et 2025), de payer le prix fort des atermoiements et des erreurs stratégiques des éditeurs.
La réduction permanente des effectifs, instaurée en mode de gestion, a atteint ses limites. Synonyme de perte d’attractivité des entreprises, la paupérisation des salariés de la presse quotidienne régionale doit enfin cesser.

