Solidarité avec la rédaction du magazine turc Le Man
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) apporte tout son soutien à l'équipe du magazine satirique LeMan, victime d'une répression brutale. Cette attaque contre le journalisme et la liberté d'expression est inacceptable. Aux côtés de nos structures internationales, la FIJ (Fédération Internationale des Journalistes) et la FEJ (Fédération Européenne des Journalistes), le SNJ appelle à la libération des confrères emprisonnés et à l'abandon des charges qui pèsent sur eux.
Après l'arrestation le 2 juillet de quatre membres de la rédaction du magazine, c'est le rédacteur en chef de LeMan, Aslan Ozdemir, qui a été interpellé à son retour en Turquie, samedi 12 juillet. Selon l'organisation de défense des droits humains MLSA, il serait poursuivi pour "incitation publique à la haine et à l'hostilité". Ces arrestations font suite à la publication d'un dessin de presse dans le numéro de LeMan paru le 26 juin, dessin interprété par les autorités turques comme une caricature du prophète Mahomet, ce que dément formellement l'équipe du magazine.
La vente du numéro de LeMan daté du 26 juin a également été interdite, avec un ordre de retrait immédiat des kiosques. Le site internet et les réseaux sociaux du magazine ont été suspendus. La FIJ et la FEJ condamnent fermement ces nouvelles attaques contre les médias turcs, qui interviennent dans un contexte de répression grandissante et de censure : "en attaquant des caricatures, des dessins, les autorités turques s'en prennent au symbole suprême de la liberté d'expression. Nous rappelons que le rôle des dessinateurs de presse, crucial dans le monde médiatique et dans les sociétés démocratiques, est protégé par la convention européenne des droits humains, qui autorise la diffusion d'informations pouvant "offenser, déranger ou choquer" si elles contribuent au débat public".
Nous réaffirmons notre solidarité avec l'équipe du magazine LeMan et nous exigeons la libération immédiate de ses membres actuellement emprisonnés. Le journalisme n'est pas un crime.

