Soutien au journaliste de l’hebdomadaire L’Affranchi de Chaumont, ciblé par le candidat RN
Tous les coups ne sont pas permis en démocratie, et les journalistes n’ont pas vocation à servir de punching-ball aux candidats de la campagne des municipales. Première organisation de la profession, le Syndicat national des journalistes (SNJ) tient à apporter son soutien au journaliste et directeur de la publication de l’hebdomadaire L’Affranchi de Chaumont (Haute-Marne), visé à titre personnel par le candidat du Rassemblement national.
Dans son édition du 13 février, l’hebdomadaire avait révélé l’existence d’une plainte récente pour violences sur mineur, déposée contre le candidat tête de liste du RN aux municipales de Chaumont, Cyrille Vedrenne. Mécontent de la publication de cette information vérifiée, qu’il dément, affirmant ne pas avoir eu connaissance de cette plainte pour des faits qu’il conteste, le candidat d’extrême droite n’a rien trouvé de mieux à faire que de publier dans un long message Facebook le nom et l’adresse personnelle du journaliste incriminé, comme pour lui fixer une cible dans le dos.
Si le candidat du RN a rectifié son post face au tollé, et attaque l’auteur de l’article en diffamation -ce qui est son droit-, le journaliste de L’Affranchi Christophe Poirson a déposé plainte sur le fondement de l’article 223-1-1 du code pénal, qui punit « le fait de révéler, de diffuser ou de transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d'une personne permettant de l'identifier ou de la localiser aux fins de l'exposer ou d'exposer les membres de sa famille à un risque direct d'atteinte à la personne ou aux biens que l'auteur ne pouvait ignorer ».
Le SNJ soutient cette démarche, dénonce cette tentative d’intimidation qui porte atteinte à la liberté d’informer, et appelle les candidats de tous bords à garder leurs nerfs, y compris lorsqu’une information leur déplaît.

