Soutien au journaliste Djaffer Ait Aoudia, de nouveau pris pour cible par l’extrême droite
Après les menaces de mort, place à l’injure publique. À Draguignan, le député RN Philippe Schreck s’en est une nouvelle fois pris au média Le Correspondant et à son directeur, Djaffer Ait Aoudia, dont les enquêtes dérangent, notamment lorsqu’elles portent sur la vie politique locale et la récente campagne municipale.
Revenant sur sa défaite aux municipales 2026, à Draguignan, dans le Var, le candidat RN a salué son équipe pour ne pas avoir cédé aux provocations, “notamment celle (sic) d’un faux journaliste racaille”, comme le rapporte Var Matin dans son édition du lundi 23 mars.
Des propos graves. Car si la critique du travail journalistique est légitime dans le débat public, l’injure ne l’est pas.
“Faux journaliste” ? Une accusation difficilement soutenable. À 51 ans, Djaffer Ait Aoudia a collaboré avec de nombreux titres de presse prestigieux. Avec une plume acérée, c’est vrai, et un travail parfois incisif.
Quant au terme de “racaille”, au-delà de son caractère insultant, il peut aussi être perçu comme renvoyant à la délinquance, ce qui peut s'avérer diffamatoire.
Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, tient à lui apporter son plein soutien. Il rappelle qu’en 2022, lors des élections législatives, des proches de ce même élu avaient proféré des menaces de mort à l'encontre de Djaffer Ait Aoudia, certaines devant témoins. Une plainte avait alors été déposée, mais classée sans suite à l’issue d’une enquête rapide.

